Une étude commanditée par la PROPAC analyse la prise en compte de l’agroécologie dans les politiques publiques des dix pays couverts par la plateforme et identifie les leviers et les principaux obstacles à son intégration. 

Une étude pour mieux comprendre le cadre politique de l’agroécologie

Réalisée en août 2023 dans le cadre du projet FO-RI (Recherche et Innovation en agroécologie menée par les organisations des producteurs pour les systèmes alimentaires durables), cette étude porte sur les politiques publiques en matière d’agroécologie en Afrique Centrale.

Commanditée par la Plateforme Régionale des Organisations Paysannes d’Afrique Centrale (PROPAC), elle vise à améliorer la connaissance des politiques, plans, stratégies, réglementations et cadres existants aux niveaux national et régional, tout en identifiant les lacunes et les points d’entrée permettant de favoriser la prise en compte de l’agroécologie dans les politiques publiques.

L’étude couvre les dix pays de la CEEAC concernés par la PROPAC et s’appuie sur une exploitation documentaire, des entretiens à distance et des visites de pays avec des acteurs concernés. Des études de cas approfondies ont notamment été conduites au Cameroun, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo.

Une présence encore limitée de l’agroécologie dans les politiques publiques 

L’étude relève l’existence de nombreuses politiques publiques agricoles et environnementales aux niveaux sous-régional et national. Toutefois, elle constate l’absence de politiques et stratégies explicitement consacrées à la promotion de l’agroécologie au niveau sous-régional et dans les pays étudiés.

Dans les documents analysés, le terme « agroécologie » reste peu présent. Des notions proches, telles que l’agriculture durable ou l’agriculture biologique, sont davantage utilisées. L’étude relève également une grande diversité dans la manière dont les acteurs appréhendent l’agroécologie, ce qui complique la définition d’un cadre harmonisé pour sa mise en œuvre.

Parallèlement, les initiatives de promotion et de mise en œuvre de l’agroécologie apparaissent davantage portées par les organisations de la société civile, les ONG et certaines entreprises privées.

Des leviers pour renforcer l’intégration de l’agroécologie

L’étude identifie plusieurs leviers pouvant favoriser cette intégration.

Elle met notamment en avant la dynamisation des alliances et des actions collectives autour de l’agroécologie, la promotion de politiques alimentaires intégrées et le positionnement de l’agroécologie comme une approche pouvant contribuer à renforcer la résilience face aux crises sanitaires et climatiques.

Elle souligne également l’importance de renforcer les collaborations entre les acteurs, de soutenir les études pilotes, de valoriser l’expérience paysanne et les savoir-faire locaux, ainsi que de renforcer les services de vulgarisation, la recherche et la formation.

Des obstacles encore importants

Plusieurs contraintes sont toutefois identifiées : la faible sécurisation foncière, l’accès limité au crédit et au matériel, le manque d’eau et de matière organique, ainsi que la pénibilité et le temps de travail.

L’étude relève également des difficultés liées à la coordination entre les acteurs, au pilotage stratégique, au financement et au manque de données et d’indicateurs permettant de mesurer les effets de l’agroécologie dans la sous-région.

Quelles recommandations pour la PROPAC ?

L’étude recommande notamment de renforcer la coordination et les collaborations institutionnelles, de soutenir les initiatives agroécologiques portées par les organisations d’agriculteurs, de renforcer les services de vulgarisation et de mobiliser les institutions de recherche et de formation.

Pour la PROPAC, elle identifie plusieurs pistes d’action, parmi lesquelles le renforcement du dialogue et de la concertation avec les acteurs, le plaidoyer auprès des décideurs, la production de données et de connaissances scientifiques et l’utilisation de la communication et des médias pour mieux faire connaître les pratiques agroécologiques.

 Un chantier à poursuivre

L’étude conclut que l’institutionnalisation de l’agroécologie en Afrique Centrale constitue un chantier important, nécessitant la mobilisation des acteurs publics, privés et sociaux concernés.

Elle relève par ailleurs l’existence de nombreuses pratiques agroécologiques aux niveaux local et, dans une certaine mesure, national, qui peuvent contribuer à alimenter la réflexion sur leur meilleure prise en compte dans les politiques publiques.

À travers cette étude, la PROPAC dispose ainsi d’éléments d’analyse et de recommandations pour renforcer son action en faveur d’une meilleure prise en compte de l’agroécologie dans les politiques publiques en Afrique Centrale.

Découvrez l’étude dans son intégralité : lisez et téléchargez le rapport complet.

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