Yaoundé (Cameroun), du 20 au 22 juillet 2026 – Dans un contexte où les mécanismes de financement du développement connaissent une profonde mutation, la Plateforme Régionale des Organisations Paysannes d'Afrique Centrale (PROPAC), en partenariat avec TRIAS, a organisé à Yaoundé un atelier de renforcement des capacités consacré à la mobilisation des ressources. Pendant trois jours, une vingtaine de responsables issus de la Coordination régionale de la PROPAC, de la Concertation Nationale des Organisations Paysannes du Cameroun (CNOP-CAM) et de la Confédération Nationale des Producteurs de Cacao du Cameroun (CONAPROCAM) ont consolidé leurs compétences afin d'adapter leurs stratégies aux nouvelles exigences de la coopération internationale et de renforcer l'autonomie financière de leurs organisations. 

Au-delà d'une formation technique, cette initiative illustre la volonté commune de la PROPAC et de TRIAS d'accompagner les organisations paysannes d'Afrique centrale dans leur professionnalisation, en les dotant d'outils concrets pour diversifier leurs sources de financement, développer des partenariats stratégiques et concevoir des projets répondant aux standards des principaux bailleurs internationaux.

Une coopération internationale en pleine transformation

Les organisations paysannes évoluent aujourd'hui dans un environnement marqué par une évolution rapide des politiques de financement du développement. Les partenaires techniques et financiers privilégient désormais des interventions à fort impact, fondées sur une gouvernance solide, des résultats mesurables, une gestion transparente et une capacité démontrée à assurer la pérennité des actions.

Cette transformation invite les organisations de producteurs à revoir leurs modèles économiques afin de réduire leur dépendance aux financements extérieurs et de développer des mécanismes durables de mobilisation des ressources. 

À l'ouverture de l'atelier, Mme Séraphine NTUMBA, Conseillère en développement des programmes et partenariats à TRIAS et facilitatrice des travaux, a insisté sur l'urgence de cette adaptation. « Les organisations qui dépendent fortement des financements extérieurs doivent anticiper ces évolutions et adapter dès aujourd'hui leurs stratégies de développement. Certains corridors de financement connaissent déjà d'importantes mutations, ce qui exige une capacité d'anticipation et d'adaptation de la part des organisations. »

Elle a rappelé que la mobilisation des ressources ne se limite plus à la recherche de financements. Elle constitue désormais une fonction stratégique intégrant la diversification des revenus, le développement de partenariats durables, la valorisation des ressources propres et une veille permanente sur les opportunités offertes par les bailleurs.

Un parcours de formation axé sur la pratique

Conçu selon une approche participative, l'atelier a alterné apports méthodologiques, études de cas et exercices pratiques, permettant aux participants de maîtriser les différentes étapes d'une stratégie efficace de mobilisation des ressources.

Les travaux ont d'abord porté sur les fondamentaux de la mobilisation des ressources : identification des différentes catégories de financements, compréhension des attentes des partenaires, techniques de réseautage et construction d'un discours institutionnel convaincant.

À travers des exercices d'elevator pitch, les participants se sont exercés à présenter leur organisation de manière concise et persuasive, en mettant en avant leur valeur ajoutée auprès de partenaires potentiels.

L'atelier a également permis de réaliser une première cartographie des bailleurs de fonds et partenaires techniques et financiers intervenant dans les domaines de l'agriculture, du développement rural, de la sécurité alimentaire, de l'environnement et de la résilience climatique. Les participants ont analysé les priorités stratégiques de plusieurs institutions afin d'identifier les opportunités les plus pertinentes pour leurs organisations.

Véritable outil d'aide à la décision, cette cartographie constituera une référence pour orienter les actions de prospection, développer des partenariats ciblés et améliorer la capacité des organisations paysannes à répondre aux appels à propositions.

Les participants ont également été formés à l'identification des opportunités de financement, à l'analyse des critères d'éligibilité, à l'utilisation de la démarche Go / No Go, à la planification de la rédaction des propositions ainsi qu'à la construction d'une chaîne de résultats cohérente, articulant problèmes, objectifs, activités, produits, effets et impacts conformément aux exigences des principaux bailleurs internationaux.

Une dynamique collective au service du mouvement paysan

L'atelier a réuni des représentants de la CNOP-CAM, de la CONAPROCAM et de la Coordination régionale de la PROPAC, favorisant un dialogue enrichissant entre plateformes nationales, organisation de filière et équipe régionale.

Cette diversité de profils a permis de confronter les expériences, de partager des pratiques éprouvées et d'identifier des réponses communes aux défis croissants liés au financement du développement.

À travers ce partenariat, TRIAS confirme son engagement en faveur du renforcement institutionnel des organisations agricoles, tandis que la PROPAC poursuit sa mission d'accompagnement, de représentation et de professionnalisation des organisations paysannes de ses dix pays membres.

Le Coordonnateur régional de la PROPAC a rappelé l'importance stratégique de cette initiative : « Le renforcement des capacités en mobilisation des ressources constitue aujourd'hui un investissement stratégique pour l'avenir du mouvement paysan en Afrique centrale. À travers ce partenariat avec TRIAS, la PROPAC entend doter ses organisations membres des compétences nécessaires pour accéder à de nouvelles opportunités de financement, renforcer leur autonomie institutionnelle et accroître leur contribution à la transformation durable des systèmes alimentaires de notre région. »

Des outils concrets pour renforcer l'autonomie des organisations

Au terme des trois journées de travaux, les participants repartent avec des acquis directement mobilisables dans leurs organisations.

Parmi les principaux résultats figurent : une cartographie des principaux bailleurs de fonds intervenant dans les secteurs prioritaires des organisations paysannes ; une meilleure compréhension des mécanismes de financement du développement ; des techniques renforcées de communication institutionnelle et de négociation avec les partenaires ; une méthodologie commune d'identification et d'analyse des opportunités de financement ; une meilleure maîtrise de la conception et de la rédaction de projets compétitifs répondant aux exigences internationales.

Pour M. Jean Baptiste ONANA, responsable à la CNOP-CAM, cette formation répond à un besoin stratégique des organisations paysannes : « Cet atelier nous a permis de mieux comprendre les nouvelles attentes des partenaires techniques et financiers. Les outils acquis, notamment en matière de cartographie des bailleurs, de développement de partenariats et d'élaboration de projets, renforceront notre capacité à mobiliser des ressources au service des producteurs et productrices agricoles que nous représentons. »

Les échanges entre les différentes organisations ont également favorisé l'émergence d'une dynamique de collaboration qui devrait faciliter le partage d'expériences et renforcer les capacités collectives du mouvement paysan régional.

Un investissement stratégique pour l'avenir

À mesure que les financements du développement deviennent plus compétitifs et davantage orientés vers les résultats, la capacité des organisations paysannes à mobiliser des ressources, nouer des partenariats stratégiques et porter des projets de qualité devient un levier essentiel de leur pérennité et de leur influence.

À travers cette initiative, la PROPAC et TRIAS réaffirment leur engagement commun à accompagner les organisations paysannes dans leur adaptation aux nouvelles réalités de la coopération internationale. Les compétences développées et les outils produits, notamment la cartographie des bailleurs de fonds, contribueront à renforcer leur autonomie institutionnelle et financière, tout en améliorant leur aptitude à conduire des initiatives innovantes en faveur de l'agriculture familiale, de la sécurité alimentaire et de la transformation durable des systèmes alimentaires en Afrique centrale.

En investissant dans le développement des compétences de ses membres et partenaires, la PROPAC poursuit son ambition de bâtir un mouvement paysan régional plus fort, plus crédible et mieux préparé à relever les défis du développement agricole et rural en Afrique centrale.

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