Du 16 au 18 septembre 2026, les acteurs de l’agriculture familiale réunis au Cameroun ont travaillé à la traduction des orientations de la Décennie des Nations Unies pour l’Agriculture Familiale (DNUAF) en priorités adaptées au contexte national. Les travaux ont abouti à trois principaux acquis : une première ébauche du Plan d’Action National (PAN-DNUAF), une proposition de feuille de route et les bases d’un cadre de travail multi-acteurs. En marge de l’atelier, la CNOP-CAM(Concertation Nationale des organisations paysannes au Cameroun) membre de la PROPAC a également organisé un side event autour de la campagne « Je mange camerounais », consacré à la valorisation des productions locales.

Une première ébauche du PAN-DNUAF prend forme

Pendant trois jours, les représentants des pouvoirs publics, des organisations paysannes et de leurs faîtières, de la société civile, des partenaires techniques et financiers et de la recherche ont examiné les conditions de mise en œuvre de la DNUAF au Cameroun.

L’Atelier national d’échanges et de réflexion sur la mise en œuvre de la DNUAF au Cameroun s’inscrit dans la Décennie des Nations Unies pour l’Agriculture Familiale, qui couvre la période 2019-2028. Il constitue une étape du processus engagé au niveau national pour construire un Plan d’Action National de mise en œuvre de la Décennie.

La Plateforme Régionale des Organisations Paysannes d’Afrique Centrale (PROPAC) a pris part aux travaux aux côtés des différentes parties prenantes mobilisées autour de l’agriculture familiale.

L’objectif était de confronter les orientations du Plan d’Action Mondial de la DNUAF, structuré autour de sept piliers, aux réalités et aux priorités du contexte camerounais.

Premier résultat de cette démarche : une première ébauche du PAN-DNUAF. Ce document constitue à ce stade une base de travail. Il devra encore être approfondi, consolidé et soumis aux prochaines étapes du processus avant toute validation.

Les priorités nationales mises en regard des sept piliers de la DNUAF

   Les travaux ont fait ressortir plusieurs enjeux qui devront être pris en compte dans la construction du futur cadre national.

L’accès au foncier demeure notamment une préoccupation importante, particulièrement pour les jeunes et les femmes rurales. Les échanges ont mis en évidence, pour les jeunes, les difficultés liées à l’installation, à l’accès à l’information foncière et à l’accompagnement des jeunes agriculteurs, notamment lorsqu’ils sont peu ou pas organisés.

Pour les femmes rurales, les discussions ont souligné les difficultés liées à l’accès et à la compréhension des textes fonciers ainsi que la nécessité de renforcer leur participation aux espaces de décision.

Le financement constitue également un enjeu transversal. Les participants ont insisté sur la nécessité d’examiner les possibilités de financement susceptibles de soutenir les actions qui seront retenues dans le futur PAN, notamment celles liées à l’adaptation au changement climatique et à la protection de l’environnement.

La question climatique a occupé , ainsi que leur capacité à les comprendre et à les utiliser, apparaissent comme des conditions importantes pour renfoune place importante dans les échanges. L’accès des producteurs aux informations météorologiques et climatiquesrcer l’anticipation et la gestion des risques. Les informations diffusées par l’Observatoire national sur les changements climatiques ont notamment été évoquées dans cette perspective.

Les participants ont également souligné l’importance de mieux capitaliser les expériences développées par les organisations paysannes, notamment dans le domaine de l’agroécologie, afin que les initiatives existantes puissent alimenter la réflexion nationale.

Des groupes de travail pour passer des orientations aux propositions

 Les échanges en plénière ont été complétés par des travaux en groupes, consacrés aux actions à envisager autour des sept piliers du Plan d’Action Mondial de la DNUAF et aux pistes de financement de leur mise en œuvre.

Cette démarche a permis de rapprocher les orientations internationales des réalités rencontrées par les exploitations familiales et leurs organisations.

Les propositions ont notamment fait ressortir plusieurs chantiers à articuler dans le futur PAN : accès au foncier, financement, renouvellement générationnel, participation et leadership des femmes, adaptation au changement climatique, préservation des ressources naturelles et renforcement des organisations paysannes.

L’enjeu sera désormais de transformer cette matière issue des travaux en un document national cohérent, partagé et suffisamment opérationnel.

Une feuille de route pour structurer la prochaine étape

La construction du PAN-DNUAF ne s’arrête pas à la production de cette première ébauche.

Les participants ont également travaillé sur une proposition de feuille de route destinée à organiser la poursuite du processus. Celle-ci doit notamment permettre de structurer les prochaines concertations, de consolider les propositions issues de l’atelier et de préparer les étapes conduisant à la validation du futur PAN.

La clarification des responsabilités des différentes parties prenantes constitue également un enjeu important. La question du financement devra, elle aussi, rester au cœur des prochaines étapes afin que les priorités retenues puissent être associées à des ressources et à des mécanismes de mise en œuvre adaptés.

Un cadre multi-acteurs envisagé pour assurer la continuité du processus

Le troisième acquis porte sur la proposition d’un cadre de travail multi-acteurs destiné à accompagner la poursuite du processus.

L’objectif est de maintenir le dialogue entre les administrations publiques, les organisations paysannes, la société civile, les partenaires techniques et financiers, la recherche et les autres acteurs concernés par l’agriculture familiale.

Pour les organisations paysannes, un tel espace doit notamment permettre de maintenir les réalités et les préoccupations des producteurs au cœur des différentes étapes de construction du PAN.

Sa mise en place nécessitera toutefois de préciser plusieurs éléments : mandat, composition, responsabilités, modalités de fonctionnement et mécanismes de suivi. Cette clarification sera importante pour assurer la continuité entre les résultats de l’atelier et les prochaines étapes du processus.

« Je mange camerounais » : rapprocher production locale et consommation

  En marge des travaux consacrés au futur PAN-DNUAF, la Concertation Nationale des Organisations Paysannes du Cameroun (CNOP-CAM) a organisé un side event autour de la campagne « Je mange camerounais ».

Cette initiative a élargi les échanges aux enjeux de valorisation des productions locales et de consommation.

La réflexion sur l’agriculture familiale ne porte en effet pas uniquement sur les conditions de production. La transformation, la valorisation des produits, les débouchés et l’accès aux consommateurs constituent également des dimensions importantes des systèmes alimentaires.

À travers « Je mange camerounais », la CNOP-CAM met ainsi en avant la place des productions locales dans l’alimentation et contribue à prolonger la réflexion sur les liens entre agriculture familiale, marchés et consommation nationale.

De la concertation à la mise en œuvre

Au terme de trois jours de travaux, trois bases sont désormais posées pour la poursuite du processus : une première ébauche du PAN-DNUAF, une proposition de feuille de route et les bases d’un cadre de travail multi-acteurs.

Ces acquis ne constituent pas encore un plan national adopté. Ils ouvrent une nouvelle phase consacrée à la consolidation des propositions, à la poursuite des concertations, à la clarification des responsabilités et à l’identification des ressources nécessaires à la mise en œuvre des actions qui seront retenues.

Pour les organisations paysannes, la poursuite de leur participation sera déterminante afin que le futur PAN reste en prise avec les réalités des exploitations familiales et des communautés rurales.

À travers son réseau d’organisations paysannes nationales, la PROPAC entend poursuivre sa contribution à la mise en œuvre de la Décennie en Afrique centrale, notamment par le partage d’expériences entre les niveaux national et régional et par sa participation au dialogue sur les politiques agricoles.

L’étape franchie en septembre constitue ainsi une base de travail. Le prochain défi sera de transformer les priorités identifiées en un cadre national concerté, assorti de responsabilités et de conditions de mise en œuvre clairement définies.

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